1914-1919
Marie-Paule Colonna

La mère

Marie-Paule Colonna

La mère

Jean-André Colonna

Le grand-père mater­nel

Jean-André Colonna

Le grand-père mater­nel

Marie-Paule Colonna, la mère de J.-T. Desanti (1889-1974), était ori­gi­naire de Vico, vil­lage de la mon­ta­gne corse. Elle y vivra jusqu’à son mariage en 1913. Elle est morte à Ajaccio à l’âge de 85 ans. Jean-Toussaint était son fils unique. Comme tous ses com­pa­trio­tes, elle retour­nait régu­liè­re­ment dans son vil­lage. Elle s’y est réfu­giée avec son fils en 1918 pour fuir l’épidémie de grippe espa­gnole et atten­dre la démo­bi­li­sa­tion de son mari. Celui-ci mourra brus­que­ment d’une atta­que car­dia­que à l’âge de 61 ans. À l’époque, Jean-Toussaint était nor­ma­lien, rue d’Ulm. Il est parti pré­ci­pi­tam­ment avec son coturne Pierre Boutang pour assis­ter aux obsè­ques. Pour la pre­mière fois de leur vie, tous deux ont gagné Ajaccio en pre­nant l’hydra­vion à Marseille.

« Dans ma famille, on ne fêtait pas les anni­ver­sai­res. Ma mère pen­sait que cela por­tait mal­heur. Célébrer le jour de sa nais­sance pou­vait sus­ci­ter le mau­vais regard de quelqu’un, nous pro­pul­ser « entre les mains du diable », tou­jours jaloux des bien­faits de Dieu. Mieux valait ne pas se vanter d’être né, ni s’en réjouir ouver­te­ment. J’ai com­pris depuis que, pour elle, l’épaisseur d’un cheveu sépa­rait la nais­sance de la mort et que tous les moyens étaient bons pour main­te­nir fer­me­ment ce cheveu-là... »3

Jean-François Marie Desanti

Le père

Jean-François Marie Desanti

Le père

Jean-François Marie Desanti, le père de J.-T. Desanti (1875-1936), ancien com­bat­tant de la guerre de 1914-1918, fut pro­fes­seur de Lettres clas­si­ques au col­lège d’Ajaccio. Il fai­sait lire à son fils âgé de 9 ans le latin et le grec dans les textes clas­si­ques. Celui-ci a conti­nué ces lec­tu­res sa vie durant.

Toussaint Desanti

Le grand-père pater­nel

Toussaint Desanti

Le grand-père pater­nel

Toussaint Desanti, le grand-père de J.-T. Desanti, était pro­fes­seur de Lettres clas­si­ques. Il a notam­ment ensei­gné au col­lège de Cavaillon, où il eut comme élève Édouard Daladier (Président du Conseil, signa­taire des accords de Munich en 1938). Celui-ci racontait : « Monsieur Desanti usait d’une péda­go­gie très per­son­nelle : il don­nait des coups de règles sur le crâne pour faire péné­trer les règles de la gram­maire grec­que. » Nommé ensuite à Ajaccio, Toussaint Desanti a pro­noncé le dis­cours de dis­tri­bu­tion des prix du col­lège Fesch.

Réflexions sur le temps, Grasset, 1992, pp. 185-186.